2 octobre 2019

La plupart des comportements à l’origine des maladies non transmissibles (MNT) commence dès le plus jeune âge. Les MNT, telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires chroniques et les cancers, constituent la cause principale (75%) de décès des États et Territoires insulaires océaniens. 

« L’obésité infantile constituant un problème émergent de santé publique dans tout le Pacifique, il nous faut prendre à bras le corps le problème des MNT et de l’obésité infantile, en adoptant une approche faisant intervenir l’ensemble des pouvoirs publics et de la société. », précise Dr Si Thu Win Tin, Chef d’équipe pour les MNT à la Communauté du Pacifique (CPS). A l’occasion de la 13e réunion des ministres de la santé du Pacifique (PHMM), qui s’est tenue du 6 au 8 août 2019 à Papeete (Polynésie française), les pays ont rappelé leurs engagements à réduire le nombre de morts prématurées dues aux MNT.

Quatre facteurs de risque sont à l’origine des MNT : le manque d’activité physique, une mauvaise alimentation, le tabagisme et l’abus d’alcool. Les études menées dans la région révèlent que plus de 20% des jeunes âgés de 13 à 15 ans sont obèses. L’obésité infantile est désormais une préoccupation croissante dans la région.

Ainsi, la Nouvelle-Calédonie, comme tous les pays du Pacifique, n’est pas épargnée par ce fléau. Selon une étude de l'Agence Sanitaire et Sociale de la Nouvelle-Calédonie réalisée en 2011-2012, près d’un enfant de 6 ans sur cinq est en situation de surpoids ou d'obésité. Et les chiffres sont d’autant plus alarmants qu’à l’âge de 9 ans, près de 3 enfants sur 10 sont en surcharge pondérale et 4 sur 10 à l’âge de 12 ans. « La difficulté pour nous, c’est que nous avons toujours eu une approche très axée sur le soin, mais il n’y a pas suffisamment de moyens employés pour la prévention », souligne Valentine Eurisouké, membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, chargée de la coordination et de la mise en œuvre du plan Do Kamo et du service civique. « Il est nécessaire de revoir les stratégies en terme de prévention, mais également en matière d’éducation afin de promouvoir la santé dans les écoles et renforcer les messages de prévention au niveau du système d’éducation » ajoute-t-elle.

Compte tenu de l'ampleur de la tâche et de la nécessité de promouvoir et d’accompagner les efforts visant à mettre fin à l'obésité infantile dans la région, les dirigeants de la santé du Pacifique ont approuvé en 2018 la création du réseau Pacific ECHO (‘Pacific Ending Childhood Obesity Network’). Le réseau vise à mettre en place des priorités régionales pour lutter contre l’obésité infantile qui viendront renforcer les programmes existants au niveau national.

Les États Fédérés de Micronésie sont eux aussi confrontés à l'obésité infantile, il s'agit d'une préoccupation majeure en matière de santé publique. « La dernière étude réalisée en 2015 a révélé que l’obésité avoisinait les 20 à 30% chez les enfants de 2 à 8 ans, et c’est un chiffre préoccupant », explique Carter Joe Apaisam, du département de la Santé et des Services Sociaux des États Fédérés de Micronésie. L’obésité est due à de nombreux facteurs sociaux et environnementaux. Les modes de vie des populations évoluent : elles se tournent vers les aliments transformés importés, au détriment des aliments traditionnels sains cultivés sur l’île.

M. Apaisam déplore aujourd’hui la présence de magasins et snacks autour des écoles. Selon lui, pour lutter de façon efficace contre l’obésité infantile, il faut mettre en œuvre des politiques visant à réduire la vente d'aliments malsains à proximité des écoles, et en parallèle, engager le secteur de l’éducation en adaptant le programme scolaire avec l’apprentissage de la nutrition et la pratique d’activités physiques.

Reconnaissant que l'obésité infantile est un problème complexe, des efforts doivent être déployés pour le résoudre en impliquant l’ensemble des acteurs. Tous les membres de la communauté, des enfants aux parents, en passant par les enseignants, les chefs d'entreprise, la société civile et les responsables politiques doivent être impliqués, afin que chacun puisse à son niveau, mettre en place des actions pour garantir un avenir en bonne santé aux enfants océaniens.